Quelques points de repère ...
Brève histoire du Brussels.
Les brillants débuts du B.S.C.
Le Brussels naquit le 11 mars 1897, à Bruxelles. Ses fondateurs, un groupe de sportifs issus du Cercle des Régates de Bruxelles (CBR-Aviron) emmenés par Oscar Grégoire, le baptisèrent Brussels Swimming and Water-Polo Club, en abrégé B.S.C.
Basé dans les magnifiques installations du Bain Royal à la rue du Moniteur, le BSC s’imposa d’emblée comme un club de premier plan. C’est donc sous ses couleurs que Victor Sonnemans conquit cette année-là son titre de champion international de plongeon à Londres.
En 1898 fut mise sur pied l’équipe de water-polo. A l’époque, ce sport était dominé par les équipes britanniques qui infligeront à nos joueurs une série de cuisantes défaites avant de s’incliner à leur tour en 1901, à Douvres. Cette première grande victoire du BSC fut suivie par le titre de Champion du Monde, conquis de haute lutte à Paris en 1903.
Ce début de siècle fut également l’heure de gloire de très grands nageurs du BSC et l’occasion de conquérir de nombreux titres mondiaux pour Victor Boin, Oscar Grégoire fils, Félicien Courbet et Claire Frick, épouse de Camille Gutt, ministre des finances.
La Grande Guerre.
Le 4 août 1914, éclata la première guerre mondiale. Répondant à l’appel du Roi, 71 membres du BSC rejoignirent l’armée de campagne dont le lieutenant-aviateur Victor Boin, pilote personnel de la Reine Elisabeth.
Durant cette période noire de notre histoire, toute activité sportive peut paraître dérisoire voire futile. Mais la guerre dura quatre longues années et, pour maintenir le moral des troupes, les autorités organisèrent de nombreuses distractions. C’est ainsi que l’équipe militaire belge de water-polo, essentiellement composée de membres du BSC et emmenée par Victor Boin, battit à deux reprises l’équipe anglaise en 1918 avant de remporter les Jeux Interalliés de 1919.
Lorsque les clairons sonnèrent le cessez-le-feu, le 11 novembre 1918, le BSC pleurait la perte de six membres tombés au champs d’honneur. Leurs noms sont à jamais gravés dans le marbre du mémorial du club.
L’entre-deux-guerres
La fin de la guerre marqua le début de l’âge d’or du Brussels. Sous la présidence de Henri Cohen, le BSC collectionna les records et titres de champion tant en natation qu’en water-polo et plongeon. Elevé au rang de Société Royale en 1922, le RBSC enrichit son palmarès de 2750 distinctions sur une période de trente ans.
Cette époque restera marquée par les exploits de Martial Van Schelle qui fut champion de Belgique à seize reprises en natation. Les performances des équipes de water-polo ne sont pas moins impressionnantes. Citons à titre d’exemple l’année 1929 qui vit la victoire des six équipes du Great Old dans les six divisions du Championnat de Belgique.
Cette période prit fin en 1931 dans la tragédie. A quatre semaines du match décisif contre l’AZC (l’Antwerpse), une appendicite foudroyante emporta le jeune Teddy Mathieu, un des plus sympathique et talentueux joueur de l’équipe. Le match fut gagné et le titre de champion conquis, mais ce fut le dernier.
L’année 1932 vit le retrait de Martial Van Schelle. De démissions en transferts, le Brussels s’étiola et évita de peu la relégation en 2 ème division à plusieurs reprises. Heureusement, la section natation continuait le travail de fond. Sous la houlette de Pierre Scheepers, le RBSC put compter sur une série de jeunes nageuses pour sauver l’honneur.
C’est donc dans une atmosphère de restructuration que le Brussels eut à affronter l’épreuve de la deuxième guerre mondiale.

Nuit et brouillard.
A tout points de vue, celle-ci fut très différente de la première : Après une interminable période de mobilisation et d’attente, la bataille se déclencha brusquement le 10 mai 1940 à l’aube. Après dix-huit jours d’une lutte courageuse mais inégale, la plus puissante armée que la Belgique eût jamais mise sur pied dut capituler, épuisée et à cours de munitions. A l’instar des autres nations d’Europe, la Belgique glissa dans la nuit et le brouillard de la barbarie nazie.
Très vite, cependant, l’abattement dû à la défaite fut surmonté, l’espoir revint et la Belgique commença à résister pour préparer la Victoire. Le Brussels fît de même. Adoptant une politique de formation de jeunes nageurs et joueurs entraînés par Pierre Scheepers, le BSC se reconstruisit jusqu’à la Libération, glanant ci et là quelques succès sportifs dont le titre de champion de Belgique Pupille en 1941. Pendant ce temps, d’autres membres, résistants ou soldats, préparaient activement la grande Victoire.
Soldats de l’armée de 40, volontaires de guerre ou résistants, onze membres du RBSC payèrent de leur vie la liberté retrouvée de 1944. Leurs noms sont à jamais gravés dans le marbre du mémorial du club, à l’instar de leurs aînés de 14-18.
Le club errant.
La première activité de l’après-guerre fut une splendide et mémorable tournée dans le sud de la France à laquelle participa notre président actuel, Léon Lewillie. Mais les temps restaient difficiles pour le Brussels. En 1947, on ferma le Bain Royal pour cause de vétusté. Durant sept ans, le club erra de piscine en piscine. Il fallut beaucoup de caractère aux dirigeants et beaucoup d’amitié entre les membres du Brussels pour que le club survive à cette épreuve.
C’est donc à la piscine de Saint-Gilles que fut fêté le cinquantenaire du RBSC, le 12 novembre 1949. Malgré tout, le Brussels tenait bon en première division, gagnait des matches et manqua de peu la récompense suprême au championnat de Belgique.
Le Brussels revient à Bruxelles.
En 1954, grâce à André Cooremans, échevin de Bruxelles, le RBSC reçu l’autorisation de développer ses activité aux nouveaux Bains de Bruxelles, place du Jeu de Balle (Le "Marché aux Puces"). C’est à cette occasion que fut organisé le fameux gala de natation auquel assista Sa Majesté Le Roi Baudoin et dont la photo orne encore aujourd’hui le local qui mène à la tribune du Poseidon. Pour le Brussels, ce fut la résurrection !
Le grand joueur de cette époque fut sans conteste Nicolas Dumont. Originaire des Marolles, il devint champion de Belgique Pupille en 100 m dos en 1958 et fut sélectionné à 54 reprises pour disputer en tant qu’attaquant les championnats internationaux. C’était un butteur redou-table.

En 1961, le RBSC fusionna avec le Cercle des Marsouins qui était l’école de natation de la ville de Bruxelles et prit brièvement le nom de Royal Brussels Swimming Club et les Marsouins (BSCM).
La rencontre des géants.
Cette fusion ne fut guère heureuse. Le nombre de membres s’accrut certes dans une proportion notable mais le recrutement de vrais sportifs devint de plus en plus difficile en raison des modifications sociologiques des quartiers centraux de Bruxelles.
Il fallait trouver une solution. Celle-ci vint de la rencontre de deux grands champions de la natation et du water-polo : Charles Angerhausen, Secrétaire-Général du BSCM, et Gérard Blitz, ancien de l’AZC, futur fondateur du Club Med et animateur du jeune Club de Natation Poseidon de Woluwé-Saint-Lambert.
C’est ainsi que fut fondé le 1 er janvier 1965 le Royal Brussels Poseidon (RBP) issu de la fusion du Royal Brussels Swimming Club et les Marsouins et du Cercle de Natation Poseidon. Le nouveau club hérita de l’expérience, des traditions et du matricule du BSC. Il s’établit à Woluwé-Saint-Lambert dont il adopta les couleurs.
Détail piquant : En 1968, Gérard Blitz quitta le RBP, se maria et s’établit à Ganshoren où il fondera, deux ans plus tard, le NEREUS.

Les grandes heures du RBP
Dès sa création, le RBP connut un immense succès dû à son installation dans la piscine du Poseidon, première piscine couverte construite dans la grande périphérie bruxelloise. En 1965, le RBP comptait environ 1.300 membres !
Sa section plongeon, dirigée par le champion de Belgique Hugo Speelmans entraîna plusieurs champions et championnes au cours des années 70 (Dagmar Zeyen, Michelle Godefroid, Anne Paulus et Thérèse Vercruysse).
En 1977 le RBP s’empara du prestigieux record de Brabant du 10 * 100 m nage libre. Cet événement révéla un nouveau grand talent : Philippe Morelle. Celui-ci manqua de très peu (de 17 millièmes de seconde exactement) le titre de champion de Belgique du 100 m nage libre en 1978. En 1980, Philippe Morelle quitta le RBP, la natation et la Belgique pour s’établir au Pérou. Il revint brièvement un an plus tard afin de reprendre place dans l’équipe de nageurs du RBP qui battit à nouveau le record de Brabant 10 * 100 m nage libre dont le CNBA s’était entre-temps emparé. 1981 fut également l’année où l’équipe fanion du Brussels, au terme d’un championnat de toute beauté, gagna le droit de réintégrer la première division nationale.
En 1982, la famille Trummer rejoignit le RBP avec son équipe de nageurs anglais et américains mieux connue sous le nom d’AquaJets. Le plus illustre membre de cette équipe fut sans conteste le très british et très cool Christopher Humphreys, recordman de Belgique des 13 ans en 100 m nage libre en 1988.
Pendant ce temps, les équipes du Brussels continuaient à progresser dans les diverses divisions du championnat. En 1989, entraîné par Jacques Caufrier, aujourd’hui président de la FRBN, le Brussels accéda à la division d’honneur. Depuis cette époque, les équipes du RBP se classent régulièrement aux places d’honneur des différentes divisions du championnat.
Le Brussels et la piscine du Poseidon ont également eu l’honneur de deux grandes premières télévisées : En 1986, le premier enregistrement d’un match de water-polo par la RTBF lors du Challenge Teddy Mathieu et en 1991, la première diffusion en direct opposait le RBP à Gand et ce, toujours au Poseidon.
Au cours de ces dix dernières années, un grand nombre d’événements ont marqué la vie de ce club. Ils sont encore dans la mémoire de chacun, membres ou amis. Mentionnons seulement l’un d’entre eux car il engage directement l’avenir : En 1990, la direction du Centre Sportif Poseidon et les Autorités Communales de Woluwé-Saint-Lambert effectuèrent d’im-portants travaux de rénovation de la piscine. Le RBP redevint le club errant des années 50, mais pour deux mois seulement. Le résultat de ce chantier dépassa toutes les espérances : Aujourd’hui, la piscine du Poséidon s’inscrit comme un des meilleurs bassins de 25 mètres du Royaume car les compétitions qui s’y déroulent permettent régulièrement d’y améliorer l’un ou l’autre record.
Jean-Jacques Ghislain,
Secrétaire du RBP
Jean-Yves Roger,
Membre du RBP
Note : Cette brève histoire du Royal Brussels Poseidon est basée sur une étude historique complète de Jean-Yves Roger, un authentique membre du Brussels. Ce travail monumental de recherche de personnes et de documents a occupé le plus clair de ses loisirs pendant plus de deux ans. Le résultat de ses travaux sera publié ultérieurement. En attendant ce grand jour, qu’il soit ici remercié de ses efforts.